L’enfer au pays de la liberté

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La tristement célèbre île d’Alcatraz dans la baie de San Francisco, est ancrée dans la culture populaire pour ces apparitions dans plusieurs films. Ayant abritée certains des plus grands criminels du XX° siècle, la prison trône à quelques encablures de la terre ferme avec une présence imposante.

Tout commence à Fisherman’s Wharf (littéralement « le quai des pêcheurs ») célèbre quartier de San Francisco, à l’embarcadère numéro 33. C’est le point de départ des ferrys assurant les multiples liaisons quotidiennes entre le quai et l’île située à un peu plus de deux kilomètres de distance.
La traversée dure une vingtaine de minutes et me voici… en terre indienne ?
En 1969, soit 6 ans après la fermeture de la prison, un groupe activiste amérindien (les Red Power) a occupé l’île durant un an et demi pour protester contre le traitement du gouvernement américain contre leur communauté. Ils ont également rejoint des mouvements de protestations contre la guerre du Viêt-Nam. Ils ont laissé derrière eux des marques indélébiles d’un rêve de liberté sur une île abritant une prison. L’on peut lire sur le château d’eau « Paix et liberté. Aux amérindiens libres, bienvenue chez vous ».

Rêves et frustration

La prison est l’endroit où les rêves de liberté sont les plus nombreux. Depuis 1909, « le rocher » accueillent les criminels les plus violents parmi les criminels, au point de devenir une prison de haute sécurité de 1934 à 1963. Elle verra notamment passer en ses murs un certain Alphonse « Scarface » Capone durant 5 ans, ou bien Georges « Machine Gun » Kelly durant 17 ans.

Alcatraz accueillait les détenus qui ne se conformaient pas aux règles des autres prisons, qui étaient jugés trop violents ou présentant un risque d’évasion. La température de l’eau ainsi que les forts courants marins auront eu raison de toutes les tentatives. Officiellement, aucun détenu ne s’est jamais évadé de l’île. Néanmoins les émeutes étaient fréquentes, en particulier lors des repas au self, affectueusement baptisé par les prisonniers « la chambre à gaz » en raison des grenades lacrymogènes lancées par les gardiens en cas de problème. Avec une capacité de 260 détenus les cellules sont collées les unes aux autres, exigües et répartie sur 3 étages dans chaque block. Les prisonniers sont appelés uniquement par leur matricule afin de les briser moralement et n’ont le droit qu’à très peu de privilèges. Nourris, logés, habillés, soignés en cas de besoin et rien de plus. L’ambiance est pesante, l’on devine presque le bruit de métal sec d’une cellule qui vient de se fermer, ou bien les voix de détenus.

Les bruits de la ville parviennent jusqu’à la cour de promenade, ultime frustration pour les prisonniers que d’entendre la vie continuer, si proche et si loin à la fois.
36 hommes ont péri en tentant la traversée.

L’île d’Alcatraz, son aura, son isolement, semble vraisemblablement insufflé un désir de liberté dans le cœur de ses occupants depuis désormais près d’un siècle…

L’île d’Alcatraz, dans la baie de San Francisco.
L’évasion de 1962

Il est 7h du matin le 12 juin 1962 lorsqu’un gardien pousse un cri. La tête du détenu qui devait se réveiller vient de tomber du lit. Croyant d’abord à un meurtre, le gardien se ressaisit et constate que la « tête » est en réalité du papier craft et du carton. 3 détenus manquent à l’appel. Et il y a un trou creusé dans le mur dans la cellule du « décapité ». En réalité, les 3 hommes sont partis depuis la veille, juste après l’extinction des feux.

Jamais retrouvés, présumés morts par noyade, le FBI offre toujours une récompense pour des informations les concernant…

Arnaud Prevost

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