Plongée dans l’intimité d’un pilote

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Ce n’est un secret pour personne, le monde de la course et des pilotes est un milieu fermé, qui ne cesse de fasciner.


Michael DUNLOP, 33 ans et pilote de course sur route depuis plus de 15 ans, a néanmoins fait le choix de s’ouvrir, à la fois sur son métier et sur sa vie privée à travers son autobiographie Road Racer : J’ai ça dans le sang publiée le 17/11/2017 aux éditions Talent Sport.

D’origine irlandaise, né dans une famille de pilotes de courses sur route renommés, les premières pages nous plongent directement dans l’ambiance d’une famille qui ne vit qu’à travers et pour la course de motos et ce, malgré les drames qui égrainent son histoire. Fils de pilote et neveux d’une légende, il devient vite clair, au fil de la lecture, que le jeune Michael et son frère William sont prédestinés à s’élancer, encore et encore, sur de toutes petites routes avec un seul objectif : aller toujours plus vite, sous l’œil attentif de leur père, Robert, pilote et rescapé.

Cette autobiographie, écrite à la première personne et sur le ton de la confidence, pleine d’anecdotes croustillantes, permet de réaliser les sacrifices et l’engagement personnel qu’exige une telle discipline, en vue de la course ultime : le Tourist Trophy.

Un mode vie

Entre amusement et résignation, l’auteur laisse entendre qu’il n’a pas d’autres choix que d’y participer et d’y triompher, tout simplement parce qu’il s’agit d’une tradition familiale, notamment parce que son oncle détient le record du nombre de victoires consécutives sur l’île (plus de 20) et que son père y a eu un grave accident.

Son nom, DUNLOP, est une institution, presque une image de marque lors de cet évènement, et son style de pilotage propre à lui-même « Si tu veux me suivre, il faut être prêt à rentrer dans le mur au premier freinage » (Michael DUNLOP), philosophie qui, semble- t-il, porte ses fruits puisqu’il détient aujourd’hui 14 titres au Tourist Trophy.
Le lecteur quant à lui alterne entre curiosité vis-à-vis des dessous de ce milieu, et effroi lors d’anecdotes de courses au fil des pages, attendant la prochaine histoire, partagé entre appréhension et fascination. Les pages centrales de l’ouvrage font office d’album photo, nous permettant de mettre en images une histoire hors du commun.
Nous pouvons dire que cette famille au destin tragique mais passionné laisse entrevoir un mode de vie, voire même une raison de vivre à un lecteur admiratif, parfois pantois face à l’extrême, mais qui pour sûr ne laisse pas indifférent, qu’importe si l’on approuve ou non.

Le Tourist Trophy

Créé en 1907 sur l’île de Man située en mer d’Irlande, le Tourist Trophy est une compétition de motos organisée chaque année au mois de juin.
Composée de 5 courses sur une semaine, le but est de faire le tour de l’île le plus rapidement possible. Soit 60 kilomètres de routes de campagne fermées pour l’occasion. Chaque course fait entre 4 et 6 tours, les pilotes rasent murs et trottoirs à plus de 200 kilomètres heure et les plus rapides bouclent un tour en moins de 17 minutes. Le danger est omniprésent, au moins un mort par édition.
C’est également une occasion pour les motards du monde entier de se rencontrer et de partager leur passion pendant une semaine de fêtes et d’animations un peu partout sur l’île.

Arnaud PREVOST

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