Marie-Christine Luchinni est infirmière à domicile. Entre deux patients, elle accepte de répondre à mes questions malgré un emploi du temps extrêmement chargé. Rencontre.
Arnaud: Depuis quand pratiquez-vous ce métier ?
Marie-Christine : Je suis dans le médical depuis le début de ma carrière, à 22 ans, et je suis infirmière à domicile depuis presque 30 ans maintenant. A la fin de mes études, j’ai d’abord travaillé en tant qu’interne dans un hôpital public de l’Oise. J’ai ensuite décidé de m’orienter davantage vers un cabinet d’infirmières.
Pourquoi ce choix ?
Il y a plus de travail, c’est une évidence. Mais je trouve, personnellement, l’ambiance de l’hôpital plus pesante aussi bien pour les soignants que pour les patients.
Lorsque je viens chez les gens, ils ont leurs repères et leurs habitudes. C’est un rapport plus naturel, plus détendu. Il y a également un aspect social, parfois je suis la seule personne que les gens que je visite verront de la journée. Je prodigue des soins bien entendu, mais je suis aussi une oreille attentive, j’apaise les angoisses et répond, si je le peux, aux éventuelles questions que le patient peut avoir.
Un aspect positif et un aspect négatif de votre profession ?
Pour ce qui est du positif, c’est évidemment de pouvoir aider les autres dans un moment difficile de leur vie. Ça me fait plaisir de pouvoir faire plaisir ! Je m’occupe aussi bien de soins disons « légers » comme changer les pansements et nettoyer la cicatrice d’une personne récemment opérée, que de l’administration de soins palliatifs pour des patients en fin de vie. Quant aux aspects négatifs, on peut toujours en trouver. Ce n’est pas vraiment négatif mais il est vrai, à titre personnel, que je trouve certaines pathologies plus compliquées à gérer que d’autres. J’ai une patiente âgée et atteinte d’Alzheimer que je visite quotidiennement, eh bien c’est un combat à chaque fois !
Une qualité essentielle ?
Il n’y en a pas qu’une ! Mais avant tout de la patience et de la compassion. Il est absolument indispensable que le patient ne se sente pas jugé et qu’un rapport de confiance s’instaure entre lui et moi.
Il arrive que certains patients éprouvent de la honte vis-à-vis d’une blessure qui suinterait légèrement par exemple, mon rôle c’est de leur faire comprendre que ce genre de choses arrivent, et que c’est simplement naturel. Je me dois de rassurer et d’accompagner, toujours avec le sourire et avec bienveillance.
Qu’est-ce qui a changé dans le métier depuis que vous avez commencé ?
Paradoxalement, beaucoup de choses et en même temps pas tant. L’arrivée des smartphones, d’Internet et des applications comme DoctoLib a permis de connecter les services de soins aux patients bien plus facilement qu’auparavant. C’est aujourd’hui plus commun d’avoir une infirmière qui vient chez soi qu’il y a une trentaine d’années, ça c’est démocratisé si j’ose dire. La médecine progresse chaque jour, la prise en charge est donc souvent moins lourde, même pour des grosses interventions.
Les moyens dont nous disposons en revanche, c’est une autre affaire…
Une profession libérale
C’est dans les années 20 que le métier d’infirmière à domicile prend son essor. Face aux conditions d’hygiènes compliqué, les infirmières hospitalières se retrouvent avec de plus en plus de travail, devant multiplier les soins à domicile.
C’est en 1947, avec la signature d’un décret, que le métier adopte le visage qu’on lui connait aujourd’hui.
Arnaud PREVOST

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